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Votre vie, vos émotions L'anxiété est quelque chose que l'on ressent de l'intérieur. La personne se situe dans l'anticipation de ce qui pourrait mal tourner. Le stress est souvent situationnel. Il peut être dû à soi ou à notre réaction face à ce phénomène. De façon générale, on admet que le stress répond à une demande excessive faite à notre organisme ou à une demande perçue comme excessive.
Attaquer ou fuir Le stress obéit en fait à une règle très simple. En tant que mammifères, nous sommes programmés pour répondre à une menace de la façon suivante: attaquer ou fuir. Nous sentons une menace. Une tension, autrement dit un stress, se lève en nous. Il y a émotion de décharge à travers l'action d'attaquer ou fuir. Or, dans maintes situations modernes, nous ne pouvons ni attaquer, ni fuir. C'est comme si la nature n'avait pas prévu que nous pouvions nous trouver devant un ordinateur qui ne fonctionne pas alors que nous avons une tâche importante à finir. Le stress nocif se développe dans ces conditions. Nous resterons prisonniers de la tension et des émotions comme la colère, l'impuissance ou la tristesse qui l'accompagne sans pouvoir les décharger, et elles se fixent en nous. Faire face à un examen, manquer de temps pour accomplir une tâche, avoir un conflit avec son patron, être surchargé de travail, crouler sous les responsabilités financières ou familiales sont des causes communes de stress. La façon dont ces stress nous affectent dépend de notre perception de la situation. Plus nous croyons être dans une impasse, plus le stress ressenti risque de nous faire mal. Si, au contraire, nous avons une impression de maîtrise, il y aura stress, mais il sera utilisé comme un défi et il se déchargera dans l'action. Voilà pourquoi le calme après une situation stressante, l'exercice physique dans lequel nous déchargeons les tensions, et la capacité de faire des choix et d'établir des priorités demeurent les meilleures garanties contre le stress qui mène à la détresse.
L'anxiété Avec l'anxiété, c'est plus complexe. Elle n'est pas toujours causée par une demande excessive. Par exemple, si on a peur des chiens, on peut devenir anxieux quand on en croise un dans la rue, mais il ne s'agit pas d'une demande excessive. La façon de penser est la principale cause ici. La personne anxieuse s'inquiète de tout à l'avance. Elle peut avoir appris cette attitude de ses parents ou à travers des situations difficiles du passé. Être anxieux devient souvent un trait de personnalité. Contrairement au stress, ce comportement ne disparaît pas lorsque la situation qui cause de l'anxiété disparaît. L'anxiété peut aller jusqu'au développement d'une PHOBIE. Elle est alors liée à un objet précis, les foules par exemple. Elle peut aussi évoluer du côté d'une crise de PANIQUE. On a alors le sentiment d'étouffer ou de s'évanouir. On interprète les symptômes comme un véritable danger physique, le coeur accélère, la machine s'emballe et l'on a peur de mourir. En général, elle est le fait d'un individu qui a du mal à dire NON, parce que dire non à quelqu'un comporte un risque de déplaire et, par conséquent, d'être rejeté, ce que la personne anxieuse cherche à éviter à tout prix. En général, il s'agit pour l'individu en question de changer quelque chose en lui avant de changer quelque chose à l'extérieur.
Aujourd’hui, on entend fréquemment parler de phobie. Mais que recouvre exactement ce mot entré dans le langage courant ? Car de la simple peur éprouvée dans une situation un peu difficile à l’aversion irraisonnée, il existe un gouffre. Dès notre plus jeune âge, la peur fait partie intégrante de notre vie. La peur du noir, de certains animaux ou des inconnus est normale et même souvent nécessaire : elle permet de prendre conscience des dangers et sert de sonnette d’alarme indispensable à la survie. Tout au long de notre vie, nous apprenons à la gérer et à la surmonter. Mais lorsque la peur devient incontrôlable et maladive, lorsqu'elle handicape la vie quotidienne, on parle de phobie. L’association psychiatrique américaine recense 6 456 phobies distinctes : des plus courantes comme l’arachnophobie (peur des araignées) aux plus rares comme l’apopathodiaphulatophobie (peur de la constipation)… Phobies simples Comme toutes les phobies, les phobies simples sont des peurs sans fondement objectif mais, le plus souvent, non handicapantes dans la vie quotidienne (peur des serpents, lieux clos, obscurité, vide…). Présents chez beaucoup de sujets, ces troubles ne sont considérés comme pathologiques que s’ils provoquent une altération de la qualité de la vie ou une souffrance. Car on peut souvent très bien vivre avec, en adoptant des comportements d’évitement (restriction de voyages, escalier plutôt qu’ascenseur, veilleuse permanente à la maison…). Environ 7 % de la population souffrirait de ce type de phobies. L’enfer, c’est les autres Les phobies sociales et l’agoraphobie sont les plus gênantes. La première est caractérisée par une peur irrationnelle des situations en public (peur de parler, de rougir, de trembler ou de bégayer). C’est la peur du jugement d’autrui, elle est souvent mêlée au sentiment de ne rien valoir, à une mauvaise estime de soi-même. L’agoraphobie (peur des espaces découverts ou trop peuplés, peur d’être loin de chez soi et d’avoir un malaise ou une crise de panique) empêche, elle aussi, de vivre, de sortir et de communiquer. Ces deux pathologies graves peuvent conduire, faute de traitement adapté, à un isolement social, à une dépression, ou encore amener celui qui en souffre à des comportements «d’autothérapie» dangereux (consommation excessive d’alcool ou de tranquillisants pour fuir la peur) qui peuvent entraîner un état de dépendance du malade. Les phobies sociales toucheraient 13 à 14 % de la population et l’agoraphobie de 1 à 2 %. Une forme particulière de phobie : le TOC Contrairement à la personne phobique "ordinaire" qui a peur face à un danger ponctuel, la personne qui souffre de TOC (trouble obsessionnel du comportement) est obsédée, constamment et par anticipation, à "l’idée" de certaines situations insupportables (être sale, ne pas être en sécurité…) et multiplie des gestes rituels répétitifs pour calmer son angoisse. Ces obsessions s’imposent au malade contre sa volonté, même s’il les trouve absurdes. Environ 2 à 3 % de la population en souffrent et 15 % de ces TOC sont associés des attaques de panique. Peut-on guérir d’une phobie ? C’est à la fois le caractère persistant de la peur et les conduites d’évitements des situations à risque qui déterminent le diagnostic des phobies. Les traitements consistent essentiellement en des thérapies cognito comportementales . Il existe en France plus de 500 thérapeutes qui soignent les troubles de l’anxiété. Pour faire disparaître une phobie, il faut affronter sa peur, d’une manière très douce et très progressive. Il existe pour cela des techniques de gestion de l’anxiété, de relaxation et d’exposition aux situations angoissantes. Une psychothérapie pourra les accompagner. En ce qui concerne les TOC, un traitement médicamenteux (antidépresseurs) associé à une psychothérapie sera envisagé. La phobie, un phénomène héréditaire ? A l’heure actuelle, on ne dispose pas d’étude sérieuse allant dans ce sens. On sait toutefois que, selon le Dr Christophe André "si l’on ne transmet pas une phobie à son enfant, on lui transmet sans doute une sorte de vulnérabilité émotionnelle". Le comportement de l’entourage reste, dans ce type de trouble, déterminant. D’ailleurs, lors d’un traitement, confirme le Dr Jacques Leveau, psychiatre, "il faut que l’entourage soit co-thérapeute" .
À long terme Il faut surveiller les périodes de stress ou d'anxiété qui se prolongent. Ne plus être capable de revenir au calme par soi-même indique qu'il y a surcharge. Comme le dit Rose-Marie Charest, psychologue: "Un stress mal géré ou une anxiété refoulée va avoir des conséquences sur la santé physique, c'est certain. Le coeur va s'user, la santé physique va se dégrader. Et quand c'est comme ça c'est souvent un gros mur ou l'épuisement qui va nous arrêter." Alors pourquoi attendre de se rendre jusque-là avant de prendre le temps de respirer? Guy Corneau, collaboration spéciale et Rose-Marie Charest, psychologue
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